Shining

La suite

Lycéens et apprentis au cinéma 2020-2021

FIGURES

Le plus mémorable dans Shining reste sans doute la poursuite qui termine le film.

Ce motif n’est pas spécifique au genre fantastique. C’est aussi un motif privilégié du film noir et du western. 

À chaque genre son univers, à chaque cinéaste sa façon de le traiter. Analysons ici les choix de mise en scène de Kubrick pour la séquence finale dans le labyrinthe enneigé.
Kubrick met en place un dispositif qui empêche le spectateur
d’évaluer objectivement l’avancée de la poursuite. Il choisit un espace vide et labyrinthique à l’intérieur duquel les personnages ne sont jamais situés l’un par rapport à l’autre. Un principe de montage alterné, passant sans cesse de la proie au prédateur, renforce la désorientation du spectateur. En fin de séquence seulement, un plan réunit dans le champ les deux personnages (travelling latéral qui relie Danny, caché derrière la haie, et son père passant de l’autre côté sans le voir).

La vision subjective du point de vue de Jack accentue encore cette tension dramatique : elle ne montre que les traces de pas de Danny, empêchant toute appréciation de la distance qui les sépare.


Jusqu’à la ruse de Danny, le spectateur ne sait pas si son père le poursuit ou ne peut le voir.
Toutefois, quelques indices permettent d’imaginer une progression dans la traque. Les plans subjectifs, en effet, sont plutôt attribués à Jack au début de la poursuite, et à Danny à la fin, suggérant ainsi une évolution du rapport de force. Parce qu’il maîtrise l'espace visuel, c’est Danny qui devient peu à peu
maître du labyrinthe.

 

Enfin, l’usage du steadicam amortit les mouvements brusques de la caméra et fait que la poursuite n’est pas filmée de façon réaliste (comme dans un reportage, par exemple, caméra à l’épaule). La traque devient ici un processus abstrait qui établit le sentiment d’une fatalité.
 

Il est intéressant de comparer ce dispositif à celui d’autres films. On peut notamment chercher les différences et les similitudes avec le film de John Landis, Le Loup-Garou de Londres, réalisé un an après Shining, et qui met en scène une scène spectaculaire de poursuite dans le métro. Dans cette dernière, c’est parce que le monstre est invisible qu’il l’emporte à la fin.

MOTS_CLÉS

Le plan général correspond au plus large cadre possible. Il montre l’ensemble d’une vue et des décors. Il sert contextualiser l'action d'un film, ou à décrire une action générale.
Le steadicam est un système de caméra stabilisée (par un harnais et un contre-poids) qui annule toute vibration de la caméra, même quand la caméra bouge beaucoup !
L’ellipse , par le montage, permet de passer d'un instant du film à un autre. C'est à nous, spectateurs, de refaire le lien entre ces deux instants !

La fin ici

Le retour ici

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