Shining

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Lycéens et apprentis au cinéma 2020-2021

ACTEURS ET PERSONNAGES

Jack Nicholson (né en 1937) est déjà une grande star lorsque Kubrick le choisit pour Shining. Depuis le début de sa carrière, il s’est fait une spécialité de personnages introspectifs et excessifs qui passent du mutisme au déferlement de violence le plus outrancier. Ainsi de sa composition dans Vol au dessus d’un nid de coucou (Milos Forman) qui lui vaut un oscar en 1975. Le personnage de Jack, à qui il conserve tout son mystère – entre folie, possession et bouffonnerie – lui ouvrie la porte d’autres rôles fantastiques : pour Tim Burton, il incarne le Joker dans Batman (1988), ou le président des Etats-Unis dans Mars Attacks ! (1996), avec un égal cabotinage jouissif et maîtrisé.


Shelley Duvall (née en 1950) fut découverte par Robert Altman (Brewster Mc Cloud, 1970). Elle s’illustre également dans Annie Hall (1977) de Woody Allen avant d’incarner Wendy dans Shining. Elle confiera plus tard que le tournage en fut particulièrement éprouvant tant Kubrick l’aurait mise sous pression. L’étrangeté de son physique, l’impression de déphasage permanent qui ressort de sa composition, rendent le personnage de Wendy très indistinct, à la fois tragique et comique.


Scatman Crothers (1910-1986) s’est illustré à partir du milieu des années soixante dans des seconds rôles variés et soignés : il participe aussi bien à des films pour enfants (Les Aristochats, Wolfgang Reitherman, 1970) qu’à des drames (Vol au dessus d’un nid de coucou) ou des westens (Bronco Billy, Clint Eastwood, 1980). Il interpète ici le vieux cuisinier Halloran qui initie Danny aux pouvoirs du “shining“. De par le spectre de son jeu,qui va de la bonhomie à la gravité, il instille dès l’orée du film le sentiment du fantastique et de “l’inquiétante étrangeté“.

LE PREMIER PLAN

Le premier plan de Shining joue doublement son rôle d’ouverture.

Ouverture maximale du regard avec un plan général de vingt secondes survolant un vaste paysage de l’Ouest américain.
Ouverture concomitante du thème musical du film avec un inquiétant morceau au synthétiseur paraphrasant le Dies Irae de la Symphonie fantastique de Berlioz.
Or, ce premier plan est un piège. La musique, qualifiée par Wendy Carlos, sa compositrice, de “thriller gothique anachronique“, brouille toute
caractérisation générique évidente : Shining ne s’accote aux grands espaces américains et aux parages du western que pour en ausculter les marges et le refoulé. Ce paysage est aussi majestueux qu’inquiétant.

 

Le spectateur ne cesse de s’y abîmer dans un mouvement de pénétration que le rythme régulier de la musique et du mouvement de caméra renforce. L’isolement central de l’île, le dédoublement de la vision permis par les reflets sur le lac installent déjà la figure du labyrinthe. Dès ce premier plan, le film met en place son processus d’aspiration. Il s’agit bien moins d’un “paysage“ que d’une vision active et corrosive.

 

Ainsi se pose la question cruciale du film :
quelle conscience, occulte mais en acte, prend ici en charge la vision ? Il peut s’agir tout autant d’un Esprit maléfique (indien ?) que celui d’un
narrateur omniscient ; ou encore celui du réalisateur, seule authentique puissance maligne et omnisciente du film.

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