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Psychose

États-Unis / 1960 / 109' /noir et blanc

Lycéens et apprentis au cinéma 2025-2026

Avec Psychose, je faisais de la direction de spectateurs, exactement comme si je jouais de l'orgue.

Alfred Hitchcock

Suivez mon regard

MacGuffin

Le spectateur occupe une place centrale dans Psychose, il est même un acteur à part entière du film. Telle était l'intention d'Hitchcock qui souhaitait faire de la « direction de spectateurs ». Comment le cinéaste nous dirige-t-il ? Tout passe par le regard et la manière dont la mise en scène, toute-puissante, attire  notre attention sur des détails, notamment des objets, pour mieux nous entraîner sur des fausses pistes et créer ainsi des effets de choc.

Cet art de la manipulation, Hitchcock lui donna un nom, le MacGuffin, stratagème dont il usa abondamment dans ses films : il s'agit d'un prétexte pour faire avancer l'action, d'un élément purement moteur qui n'a aucun intérêt en soi si ce n'est d'appâter le spectateur, de maintenir son attention et son implication dans l'action du film.

Quel est le MacGuffin de Psychose ? Pourront être repérés pendant la séance les mouvements de caméra et des cadrages qui permettent

de focaliser notre attention sur des points précis de l'intrigue : une liasse de billets, un sac à main, un journal, une voiture...

Que révèlent ces objets ?

Enfermement

Le spectateur n'est pas le seul piégé dans cette histoire. Marion et le tenancier du motel

le sont également, chacun à leur manière, c'est le constat qui est fait durant le dîner qu'ils partagent sous l'oeil froid des oiseaux empaillés par Norman. En volant les 40 000 dollars qu'elle devait déposer à la banque, la jeune femme tombe dans le piège de l'argent facile. Quant à Norman, il est piégé depuis sa naissance, prisonnier d'une mère possessive

qui l'empêche de vivre. Comment cet enfermement est-il souligné par la mise en scène ?
Une attention particulière pourra être portée aux différents regards masculins (le riche client de l'agence, un policier) posés sur Marion. Chacun semble restreindre le champ d'action

de la jeune femme, refermer l'espace autour d'elle. Cet enfermement est aussi une manière d'orienter, de manipuler notre regard et de dessiner
à l'intérieur de l'espace et du récit des zones d'ombres. D'où l'importance du rôle donné

au hors-champ. Le hors-champ désigne l'espace qui se situe dans le prolongement du champ (ce qui visible à l'image)mais qu'on ne voit pas car il est en dehors du cadre.

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Architecture et voyeurisme

Un élément architectural est particulièrement révélateur de la direction de spectateurs opérée par Hitchcock : omniprésentes, les fenêtres sont sans cesse utilisées pour attiser notre désir de voir

et de percer du regard une réalité qui nous échappe. La dimension voyeuriste de ce dispositif est mise

en avant dès la scène d'ouverture : la caméra pénètre à l'intérieur d'une chambre d'hôtel

par l'encadrement d'une fenêtre pour nous faire entrer dans l'intimité d'un couple. Cette entrée en matière donne à notre désir de voir une dimension transgressive ; notre oeil franchit une limite. D'autres frontières apparaissent à l'intérieur des espaces filmés qui dessinent une ligne de partage et de tension entre le vu et le caché. Que révèle cette compartimentation de l'espace sur les personnages et leurs fantasmes ?

Une attention particulière pourra être portée à la salle de bain du motel et à l'attitude de Norman

au moment où il présente cette pièce à sa cliente.

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