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Psychose

États-Unis / 1960 / 109' /noir et blanc

Lycéens et apprentis au cinéma 2025-2026

L'histoire

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Phoenix, Arizona. Marion Crane et Sam Loomis se rhabillent dans une chambre d'hôtel.

La jeune femme ne supporte plus de se cacher pour voir son amant, mais la situation financière et conjugale de ce dernier

ne lui permet guère d'officialiser leur relation. De retour à son bureau, Marion est chargée

de déposer 40 000 dollars à la banque.

Sur un coup de tête, elle fait sa valise et part avec l'argent direction Fairvale, la petite ville où vit Sam. Épuisée par la route et inquiète

des conséquences de son acte, elle s'arrête dans un motel. Son jeune et timide tenancier, Norman Bates, lui propose de partager

un modeste dîner malgré le désaccord

de sa mère, une mystérieuse infirme.

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Fiche technique

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Réalisation Alfred Hitchcock
Scénario Joseph Stefano

d'après le roman de Robert Bloch, Psycho
Image John L. Russell
Son Waldon O. Watson et William Russell
Musique Bernard Herrmann
Montage George Tomasini

Distribution France Park CIrcus
avec
Janet Leigh Marion Crane

Anthony Perkins Norman Bates

John Gavin Sam Loomis

Vera Miles Lila Crane

 

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Nouveau genre

En 1959, la lecture de Psychose de Robert Bloch inspire immédiatement à Alfred Hitchcock un nouveau projet de film qui promet de réunir toutes les conditions pour « faire hurler le public ». Le cinéaste sait qu'il lui faut ruser pour échapper aux foudres

de la censure encore en vigueur à l'époque. Face à la frilosité des studios Paramount, Hitchcock décide de prendre entièrement

les commandes du film qu'il produit lui-même, s'inspirant du modèle économique plus léger de la télévision qu'il expérimente quelques années avec sa série Alfred Hitchcock présente. Tourné avec un budget réduit et en seulement trente jours,

Psychose se libère aussi du poids des studios en termes esthétiques : bien que le noir et blanc permette d'atténuer

la violence de certaines images, la mise en scène d'Hitchcock révolutionne le genre par sa puissance suggestive

et expressive et ouvre la voie à une horreur nouvelle, plus brutale et sexuelle.

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« Hitchcock sut faire passer deux logiques par image, deux vitesses, celle du désir et celle de la censure. »
Serge Daney

Visage, montage et présage

Au volant de sa voiture, Marion pense aux réactions que suscitera son vol. Son visage ressemble à un paysage dont on perçoit les moindres variations. Vue à travers le pare-brise, du point de vue de la conductrice, la route en contrechamp s'apparente à un espace mental

où défilent les pensées de la jeune femme. Celle-ci sourit lorsqu'elle imagine la réaction

du riche client qu'elle a volé. L'instant suivant une averse brouille sa vue, puis les phares

des voitures l'éblouissent de plus en plus. Le plaisir coupable de la voleuse se voit ainsi immédiatement suivi d'une sorte d'agression visuelle. Par le montage, l'idée d'une punition

se glisse de manière subliminale à l'intérieur de l'action, lui donnant une portée profondément intime et déjà discrètement horrifique.

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Maître du jeu, maître du temps

Soucieux d'entretenir sa réputation de « maître du suspense », Hitchcock met en place à la sortie de Psychose une campagne publicitaire des plus amusantes

et originales : dans la bande-annonce, le cinéaste se met en scène dans les décors du film qu'il présente à la manière d'une visite guidée. Le ton adopté est celui de l'ironie macabre caractéristique d'Hitchcock, adepte d'un humour noir et grinçant dont on retrouve des petites touches dans Psychose. Celles-ci sont révélatrices du plaisir qu'a le cinéaste de jouer avec les nerfs du spectateur. Présenter ainsi une partie des décors au spectateur comporte a priori un risque, celui de tuer l'effet de surprise pourtant recherché. Il y a là une forme de défi de la part d'Hitchcock qui montre clairement qu'il est au-dessus de ça et que, quoi qu'il en soit, il nous mènera par le bout du nez. Si le dévoilement des décors du film ne lui pose pas de problème, l'entrée en salles d'un spectateur retardataire est absolument interdite : « Personne, absolument personne, ne sera admis dans le cinéma après le début d'une séance de Psychose » peut-on lire sur l'affiche du film. Prendre la projection en cours enlève des chances au spectateur d'être pris de court. Cette consigne révèle l'importance du temps, du timing dans l'élaboration des effets de choc. Psychose commence d'ailleurs par une indication temporelle très précise – vendredi 11 décembre, 14h43 – , comme si un compte à rebours était lancé et comme si tout ce qui se jouait dans la scène d'ouverture allait être décisif. Toute la tension réside ici dans l'art de tenir le spectateur en alerte en jouant sur la durée des plans, l'étirement d'une action dans l'espace et dans le temps. Mais le suspense hitchcockien a ceci de particulier qu'il revêt aussi une dimension très intime et expérimentale : en jouant sur la lenteur, la rétention, il donne corps de manière toujours inventive à cette matière invisible, abstraite que sont les émotions.

Dédoublements

« Elle n'aura ni ma nourriture, ni mon fils. » Les mots haineux de la mère de Norman recluse dans sa maison parviennent aux oreilles de Marion. On ne voit pas Mrs Bates mais on peut l'imaginer à travers sa voix hors-champ et sa silhouette apparue précédemment à la fenêtre de sa chambre. Elle est totalement assimilée à l'architecture gothique de sa demeure, imposante et inquiétante. Le décor se présente comme un espace double, partagé

entre deux réalités, l'une de façade, exposée au regard (le motel), et l'autre cachée, propice aux fantasmes (la maison). D'autres formes de dédoublement sont mises en évidence à travers les miroirs, omniprésents : quels rôles jouent-ils ? Que nous disent-ils sur Marion ?

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