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Elephant man

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Lycéens et apprentis au cinéma 2022-2023

Des sons imaginaires et réalistes

Inspiré de la réalité et nourri de références documentaires, le film est une oeuvre de fiction qui accorde aussi une grande place à l’imaginaire. Plusieurs univers s’entremêlent dans Elephant Man, d’abord marqué par l’empreinte visuelle et sonore d’images cauchemardesques, mettant en scène dès son prologue l’agression d’une femme par des éléphants. Le montage laisse même entendre qu’il s’agit d’un viol puisqu’il se clôt par le cri d’un nourrisson.

À plusieurs reprises, le film nous donne le sentiment d’entrer dans la tête de John Merrick, de plonger dans ses fantasmes, ses terreurs.

Cela passe par le travail sur la lumière, marqué par de forts contrastes, mais aussi par une bande sonore très expérimentale. Plusieurs sons se répètent tout au long du film, créant des résonances entre les corps et les machines. Ils participent à l’ancrage de l’histoire de Merrick dans une réalité sociale marquée par la révolution industrielle, l’exploitation de l’homme. Une attention pourra être apportée aux voix, souffles et cris qui circulent et racontent de l’intérieur la souffrance de l’homme-éléphant, et qui mettent en relief les formes d’animalité et d’(in)humanité en jeu dans le film.

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Regards, peurs et masques

Où qu’il aille, qu’il ait le visage masqué par une cagoule ou découvert, l’homme-éléphant ne passe pas inaperçu et provoque un choc chez ceux qui le découvrent. Étude vertigineuse des regards, le film ne cesse d’observer des personnages spectateurs de John Merrick à l’intérieur de dispositifs scéniques comparables à des spectacles. Partagées entre le jour et la nuit, ces représentations ne sont pas portées par les mêmes émotions et intentions ; pourtant, quelques points communs troublants ressortent chez ces regardants, à travers les formes d’exhibitions (foraines, médicales ou mondaines) qu’ils initient. Si la violence de ces regards est aussi forte, c’est parce que le cinéaste fait exister le point de vue de la créature observée et nous sensibilise à sa peur en détournant notamment les codes du cinéma d’horreur. Néanmoins, John parvient à cacher sa peur, soucieux de se faire accepter dans le monde qui lui ouvre ses portes. Ce masque qu’il porte est peut-être ce qu’il partage le mieux avec la bonne société qui parvient à faire bonne figure devant lui.

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Montrer le monstre

 

Comment est présenté l’homme-éléphant ? Pourquoi David Lynch procède-t-il par étapes, par indices, pour introduire son personnage ? On pourra repérer les différents détails qui annoncent la présence de l’homme-éléphant avant même que nous le découvrions clairement. Au milieu des baraques foraines, plusieurs éléments visuels et sonores rappellent son histoire, racontée dans le cauchemar en ouverture. Quel effet produit sur le spectateur cette approche progressive et suggestive ? On pourra alors se demander si la première image nette, éclairée, de John relève d’une approche sensationnelle. David Lynch parvient-il à déjouer un certain voyeurisme ? Si oui, comment ?

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