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Bande de filles

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Lycéens et apprentis au cinéma 2021-2022

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FAIRE GENRE

Les questions d’identité, dans Bande de filles, recouvrent des réalités différentes. Le personnage de Marieme est d’abord une adolescente, c’est-à-dire un individu en pleine métamorphose, qui se définit peu à peu par ses choix. C’est aussi une habitante de cité à la peau noire, ce qui la définit au moins par contraste avec la population aisée de Paris, majoritairement blanche, que l’on aperçoit dans le film en contrepoint. On note d’ailleurs que dans les scènes où elle livre de la drogue aux soirées parisiennes, Marieme porte une perruque blonde ; il s’agit bien d’une dissimulation d’identité, comme si elle ne pouvait être elle-même dans ce milieu qui lui est étranger. Mais une identité prend le pas sur les autres et devient centrale dans Bande de filles. En effet, la condition de femme de Marieme et de ses amies a d’autant plus d’importance que leur quotidien semble régi par une logique radicalement machiste.
Quand la bande de filles passe près d’une bande de garçons, elle est comme réduite au silence par cette présence oppressante. Marieme doit obéir à son frère, puis à Abou, trafiquant qui la prend à son service. Au contact de ce dernier, Marieme abandonne peu à peu ses atours féminins, croyant que pour s’émanciper, il lui faut devenir un homme.
Bande de filles ne cesse ainsi de s’interroger sur ce qui « fait genre », ce qui définit les deux sexes et comment l’on passe de l’un à l’autre.

SORTIR DU TERRITOIRE

Le projet de Bande de filles est venu à Céline Sciamma en voyant des bandesde jeunes filles de banlieue dans les quartiers des Halles et de la gare du Nord, au coeur de Paris. Le film constitue un décentrement pour la réalisatrice : il s’agit de se rendre dans le lieu de vie d’une bande de filles, une cité de la banlieue parisienne. Ce territoire, dans le film, se constitue comme une périphérie, c’est-à-dire qu’il se définit par rapport – et en opposition – à Paris.
Ainsi, quand Marieme et ses amies se rendent aux Halles, un certain malaise les empêche de s’y sentir chez elles. La banlieue est un territoire bien souvent délaissé par la politique, mais aussi par le cinéma ; tel est le constat de départ de Bande de filles. Le changement de territoire est géographique mais aussi cinématographique. En effet, Céline Sciamma délaisse la chronique sociale pour l’amener progressivement vers le récit d’apprentissage. Ce déplacement éloigne le film d’une représentation naturaliste de la banlieue, dont le documentaire serait la référence. La lumière, les cadre ou l’ambiance sonore concourent à faire du décor du film un espace de fiction, presque mental, dans lequel évolue le personnage de Marieme.

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NOUVEAU STYLE

Tout au long du film, le personnage de Marieme se cherche, change au gré de ses rencontres et de ses choix. Ces changements sont psychologiques : Marieme s’ouvre et se ferme selon ses fréquentations et l’équilibre qu’elle y trouve. Ces métamorphoses trouvent aussi une traduction dans son style vestimentaire. Les variations ne sont pas uniquement décoratives ; elles reflètent d’abord le rapport que le personnage entretient avec lui-même. Quels changements peut-on noter dans l’apparence de Marieme sur ces trois photogrammes (couleurs, vêtements, coiffure, attitude) ? À quels moments du film correspondent ces différents styles? Comment les changements vestimentaires de Marieme traduisent-ils les questions d’identité qui traversent tout le film ?

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